En Tunisie, Kasserine attend beaucoup du nouveau Premier ministre Mehdi Jomaa

Mehdi Jomaa nouveau premier ministre tunisien

En Tunisie, Mehdi Jomaa est officiellement le nouveau Premier ministre. Il a pris ses fonctions vendredi 10 janvier 2013. Il a 15 jours pour choisir son équipe qui sera chargée de conduire la Tunisie vers des élections en 2014 et d’achever la transition démocratique, près de trois ans la chute de Ben Ali, le 14 janvier 2011. La tâche est immense, en témoignent les tensions qui persistent. Ainsi, à Kasserine, dans une des régions les plus pauvres du pays, des affrontements ont eu lieu il y a quelques jours.

« Je ferai de mon mieux, mais je ne vais pas faire de miracles », a déclaré le nouveau chef du gouvernement à la télévision vendredi 10 janvier. La Tunisie est toujours en proie à de vives tensions, politiques mais aussi sociales.

Dans la région de Kasserine, l’une des plus pauvres du pays, dans le centre-ouest du pays, y des affrontements ont eu lieu cette semaine, entre mardi et jeudi. Des heurts violents ont opposé policiers et manifestants, jeunes pour la plupart et des bâtiments officiels ont été incendiés. Vendredi le calme semblait revenu mais l’armée était toujours présente dans plusieurs points de la ville.

Samir Rhabi est enseignant et militant associatif dans la région. Il condamne ces violences, mais appelle le gouvernement à entendre le message de ces jeunes. « Trois ans après la Révolution on ne voit pas le bout du tunnel, explique-t-il. Il n’y a pas de politique réaliste et sincère, pour annoncer le début d’une relance économique à Kasserine, parce qu’il y a un taux de chômage hallucinant, c’est le double du pourcentage national.

C’est une région déshéritée, complètement marginalisée et oubliée. Donc les gens en ont assez. On appelle le gouvernement à revoir ses politiques.

Ces affrontements sont la conséquence, je dirais naturelle, de ce qui se passe. Cette violence qu’on condamne, on la comprend très bien. On ne le justifie pas, mais on comprend que ces jeunes s’en prennent à la police et à tous les symboles de l’autorité.

Les jeunes se sentent abandonnés. Ils sentent qu’ils sont une revanche à prendre avec l’Etat et tous ceux qui représentent l’Etat, parce que celui-ci n’a rien fait pour eux ».
rfi

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