Au Mali, les civils paient de leur vie la présence de la milice Wagner

La société militaire privée russe joue un rôle central dans l’augmentation du nombre de tués dans le pays. Selon un rapport de l’ONG Acled, les mercenaires ont ciblé des civils dans plus de 70 % de leurs activités.

L’effroyable massacre de Moura, localité de 10 000 habitants du centre du Mali, est encore dans toutes les têtes. Des exécutions sommaires, des corps retrouvés calcinés ou criblés de balles… Ce jour-là, un dimanche du mois de mars, de nombreux villageois étaient rassemblés au marché aux bestiaux, connu de tous les commerçants de la région de Mopti. Des soldats maliens et des hommes « blancs » parlant « une langue bizarre » et « inconnue » ont surgi du ciel, à bord d’hélicoptères, et ont tiré sur la foule. S’en est suivi un huis clos meurtrier de plusieurs jours. Les fusillades ont résonné jusqu’au jeudi. « La pire atrocité enregistrée depuis une décennie que dure le conflit au Mali », avait alors déclaré l’ONG Human Rights Watch (HRW), qui a comptabilisé au moins 300 morts, en très grande majorité des civils désarmés.

Les autorités maliennes assuraient avoir agi sur la base de renseignements suggérant que des islamistes armés prévoyaient une réunion de différentes « katibas » (groupes de combattants) à Moura. L’opération qu’elles avaient lancée, dans le cadre de la campagne antiterroriste « Keletigui » (« celui qui fait la guerre » en bambara) visant notamment à reconquérir le centre du pays, associait les forces maliennes aux hommes de la société privée russe Wagner – les « soldats blancs » décrits par les villageois………

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