« Le Mali se découvre la pomme de discorde qui met en scène des Ivoiriens » – Ferro Bally

Aujourd’hui, mercredi 7 septembre 2022, cela fait exactement 60 jours, que des militaires ivoiriens ont été arrêtés au Mali. Ferro Bally se prononce.

Ils ont été inculpés, le 12 août, pour « tentative d’atteinte à la sûreté extérieure du Mali ».

Le 3 septembre, après 56 jours de détention et à « titre humanitaire », trois soldates, parmi les 49, ont recouvré la liberté et ont regagné le pays (photo); les 46 autres restant en détention.

Cette ténébreuse affaire a également coûté sa liberté, en Côte d’Ivoire, à Pulchérie Gbalet, présidente de l’Ong ACI. Elle n’était déjà pas en odeur de sainteté avec le pouvoir pour avoir appelé d’un, à manifester, en août 2020, contre le troisième mandat d’Alassane Ouattara, et de deux, à une opération ville morte, en mai 2022, pour protester contre la cherté de la vie.

Pulchérie Gbalet a corsé sa situation sur le dossier des militaires arrêtés désormais classé secret défense, pour imposer le silence. Non seulement elle a été brièvement interpellée à son retour, le 3 août, de Bamako où elle s’est rendue le 27 juillet, mais elle a pris position, ne caressant pas les autorités dans le sens du poil dans cette crise.

 

C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Arrêtée le 22 août, Gbalet a été placée sous mandat de dépôt et écrouée à la Maca, où elle a déjà séjourné d’août 2020 à avril 2021 pour « trouble à l’ordre public ».

Une information judiciaire a été ouverte contre elle, le 26 août, notamment pour « entente avec les agents d’une puissance étrangère de nature à nuire à la situation militaire et diplomatique de la Côte d’Ivoire ».

Ainsi, le Mali se découvre la pomme de discorde qui met en scène des Ivoiriens. Au pays de Soundjata, des militaires ivoiriens sont considérés comme des « mercenaires » en mission pour renverser les autorités militaires. En Côte d’Ivoire, une activiste ivoirienne est accusée de traîtrise à la cause nationale et d’espionnage au bénéfice du Mali, pour déstabiliser le régime. Et alors, les médiations engagées accouchent encore d’une souris.

F. M. Bally

Source: ivoiresoir