Mais où est donc passé Sanogo ?

generale Amadou haya Sanogo ex junte mali

Incidents armés lundi et dimanche à Kidal entre l’armée malienne et les combattants du MNLA, attentat samedi dernier à Tombouctou signé Aqmi et enfin des tirs hier dans le camp militaire de Kati, près de Bamako… Le Mali semble replonger dans un passé récent… La presse bamakoise s’intéresse en priorité ce matin à ce qui ressemble fort à une mutinerie, du moins, un mouvement de grogne au sein d’une partie de l’armée.

«Hier lundi, raconte Le Républicain, l’accès à la ville garnison de Kati a été bloqué, fermé à la circulation. La raison ? Le camp Soundiata a connu une effervescence particulière, la surchauffe de l’atmosphère tenait à une scène de protestation violente des sous-officiers, estimant avoir été trahis dans les nominations aux grades. L’ex-président du comité de suivi de la réforme, Amadou Sanogo, devenu général, et son directeur de Cabinet, Mohamed El Habib Diallo, devenu lieutenant-colonel, semblent être les principaux concernés. Les soldats armés ont foncé sur le siège du Comité de Suivi, tirant des rafales en l’air. Selon nos sources, poursuit Le Républicain, le général Sanogo, qui a tenté de raisonner les mutins, s’est vite ravisé, alors que le lieutenant-colonel Diallo aurait été touché et blessé, puis enlevé et gardé en otage par les manifestants, en attendant de voir la solution que va proposer le Général Sanogo. Selon certaines sources, celui-ci aurait décidé de ne pas négocier et de faire le ménage.»

D’après le site d’information Malijet, le général Sanogo serait en fait «introuvable», depuis ces évènements. «Toutes les recherches le concernant sont restées infructueuses jusqu’à tard dans la nuit, rapporte le site. Toutes les sources contactées à Kati affirment être sans nouvelles du général. D’autres vont jusqu’à dire qu’il a fui la ville. Vrai ou faux ?», s’interroge Malijet. «En tout cas, notre général 4 étoiles n’est plus libre de ses mouvements et ne serait plus là où on le trouvait d’habitude. Certains l’annoncent être sous bonne garde quelque part à Bamako», rapporte encore Malijet.

Maliweb, autre site d’information malien, confirme : «toutes les recherches concernant le général Sanogo restent infructueuses. (…) ‘Il y a effectivement une petite tension, mais que nous sommes en train de gérer…’, nous a confié un proche du général Sanogo que nous avons pu joindre au téléphone, poursuit le site. L’officier, visiblement très préoccupé, a préféré écourté la communication… Les populations avoisinantes, elles, effarées, se sont vite terrées dans leurs maisons.»

Nouvelle menace djihadiste ?

Pour ce qui est des attentats perpétrés le week-end dernier à Kidal et Tombouctou, ils sont signés Iyad Ag Ghali… C’est du moins l’opinion de certains journaux à Bamako. Notamment L’Indicateur Renouveau qui cite différentes sources sécuritaires : «le chef du mouvement islamique Ansar Dine aurait réuni vendredi dernier ses fidèles à Garous-Khayoum, une localité située à 42 km de Kidal. Les attaques auraient été planifiées à cette occasion, ainsi que la réorganisation du mouvement islamiste. Comme quoi, s’exclame L’Indicateur Renouveau, la menace jihadiste n’a pas disparu dans le septentrion, elle semble même se renforcer. La tactique se précise : se faire oublier pour reprendre des forces et revenir par surprise.»

Toujours est-il que le Mali replonge dans les «troubles plus tôt que prévu», s’exclame de son côté le site d’information Guinée Conakry Infos. «En réalité, aucun des principaux problèmes qui minaient le pays n’aura connu de véritable solution, relève le site. Avec les incidents d’hier et d’avant-hier à Kidal entre l’armée malienne et les combattants du MNLA, on réalise qu’entre ces deux camps, les rancœurs n’ont jamais été enterrées. Tandis qu’avec l’attentat de samedi dernier à Tombouctou, AQMI semble vouloir dire qu’il est encore et toujours là. Enfin, les tirs d’hier dans le camp de Kati sonnent comme un avertissement en direction des nouvelles autorités, par rapport à la délicate réforme au sein de la grande muette… »

Et c’est là le vrai «baptême du feu pour IBK», pointe L’Observateur Paalga au Burkina. «Certes on craignait, tout en espérant être démentis par les faits, que les premiers pas de son quinquennat ne seraient pas un long fleuve tranquille. L’hydre djihadiste, on le sait, ne s’avoue jamais vaincue. Et l’exemple de terrains, comme l’Afghanistan, la Somalie et bien d’autres sont là pour montrer qu’elle sait toujours relever la tête et frapper au moment où s’y attend le moins. (…) Si ce qui se passe au Nord est dans l’ordre du prévisible, l’écœurant, relève encoreL’Observateur, c’est que le Sud se mette de la partie avec ce qui a tout les traits d’une mutinerie à Kati. Tout cela se passe au moment où le nouveau président se trouve à Paris en visite d’Etat. Comment va-t-il réagir à ce coup de boutoir ?»

Enfin Le Pays, toujours au Burkina, n’est guère optimiste… «Ce n’est pas dans un climat de vendetta et de crépitements d’armes entre soldats maliens et rebelles touaregs sur fond d’attentats terroristes que le Mali pourra reprendre sereinement sa marche en avant. D’ailleurs, relève encore le journal, on se dirige droit, à ce rythme, vers une compromission des élections législatives prévues pour le mois de novembre prochain.»

Source: RFI

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