TRANSITION AU MALI : L’exécutif enfin entre les mains des militaires !

Au Mali, les nouveaux maîtres qui exercent le pouvoir n’en font pas dans la dentelle pour s’octroyer tout le pouvoir ceci afin de mieux cimenter leur refondation du pays. Pour ce faire, c’est un Premier ministre intérimaire qui vient d’être désigné. Colonel comme son patron Assimi Goïta, le ministre de l’Administration territoriale, Abdoulaye Maïga a été nommé Premier ministre par intérim en remplacement de Choguel Kokalla Maïga, hospitalisé il y a quelques jours. L’état de santé du PM malien que certains qualifient, à tort ou à raison de clivant, faisait polémique.

La polémique s’enfle sur la toile concernant la santé du Premier ministre Choguel Maïga. Des sources citent comme probables destinations de Choguel Maïga pour son évacuation sanitaire, l’Algérie, la Turquie, la Tunisie ou l’Arabie saoudite. On évoque même un plaidoyer d’un de ses proches auprès du colonel Assimi Goita pour laisser l’homme aller se soigner au Canada où vivraient ses enfants. Vrai ou faux ? Difficile de le dire.

Cela donnera également du grain à moudre à tous ceux qui soutiennent, comme nous, la nécessité pour les dirigeants africains de construire dans leurs pays respectifs des plateaux sanitaires dignes de ce nom, au lieu de s’envoler, dès le petit mal de tête, vers l’étranger, alors que le bas peuple se débat dans des hôpitaux où tout manque !

En attendant, Choguel Maïga sera tenu, à son corps défendant, éloigné des affaires, au moment où le Cadre d’Echanges, une coalition de partis et regroupements politiques, sous une plume acerbe, dénonce une situation catastrophique au Mali, depuis le règne sans partage des militaires.

Trois colonels sont désormais aux manettes à Bamako. «Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles», se convainc, et essaie de convaincre, une transition militaire qui ne cesse d’isoler le Mali, dont le valeureux peuple s’est toujours, pourtant, distingué avec fierté par le légendaire «djatiguiya», ensemble de ces incontournables valeurs de la cordialité et de l’hospitalité.

Comme en Guinée, le Mali emboite le pas à ce pays, deux Premiers ministres, l’un civil intérimaire confirmé et l’autre militaire confirmé intérimaire. Le nouveau PM, illustre inconnu de la scène politique avant la prise du pouvoir par les militaires en 2018, arrive alors que le bateau ivre de la transition ne cesse de tanguer. Non pas que la mer houleuse est sur le point de faire chavirer l’embarcation dont la barre est tenue par le colonel Assimi, mais parce que les Maliens qui pensaient avoir applaudi des libérateurs le 18 août 2020, découvrent un pouvoir de fer qui ne badine pas avec sa philosophie de refondation.

Le Point

Source: Le Point