Maliens en Guinée équatoriale : le calvaire continue

En 2021, suite à des rafles organisées par les autorités équato-guinéennes, environ 200 Maliens avaient été interpellés. Cette année, l’ambassade du Mali dans ce pays a invité nos compatriotes à se faire régulariser avant le 31 août 2022. Une démarche semble-t-il difficile, puisqu’à ce jour plus d’une centaine d’entre eux sont encore détenus.

Ces contrôles des étrangers lancés par les autorités équato-guinéennes depuis quelque temps concernent tous les non nationaux, dont notamment les Maliens. Plusieurs d’entre eux sont actuellement en détention dans plus de 16 localités, informe M. Mamadou Lamine Bane, Chargé des affaires sociales et des questions migratoires au Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur (HCME). Difficile de donner un nombre exact, compte tenu du caractère évolutif de la situation, mais « au moins 177 personnes ont été touchées après quelques libérations », ajoute M. Bane.

6 parmi les détenus de Malabo ont été libérés et ont pu regagner le bercail grâce au soutien du HCME. Organisation faîtière créée en 1991, le Haut Conseil des Maliens de l’extérieur est reconnu d’utilité publique, mais reste une organisation consultative de la Société civile qui a des collaborations opérationnelles avec le département en charge des Maliens établis à l’extérieur et ses services rattachés, notamment le Comité national de suivi des Maliens de l’extérieur en situation de détresse.

Situation récurrente

Même si les autorités en charge des Maliens de l’extérieur assurent que la situation des Maliens en Guinée équatoriale est bonne, la problématique des titres de séjour reste cruciale pour les immigrants irréguliers dans ce pays d’Afrique centrale qui attire beaucoup de monde.

Généralement dans le commerce, les Maliens établis dans ce pays sont détenteurs de titres de séjours temporaires d’une année ou deux. Mais leur obtention est compliquée parce qu’il faut passer par des intermédiaires, explique un compatriote établi sur place. La voie officielle étant presque sans issue, ajoute-t-il.

En attendant de trouver un dénouement heureux à la situation de ces Maliens souvent pris au piège de la migration irrégulière, le HCME « appuie  et coordonne les actions de solidarité envers les Maliens en situation de détresse ». À travers sa cellule de veille « Informations et assistance », il recueille « en temps réel les informations relatives à nos compatriotes en Guinée équatoriale ». Il leur vient en aide à travers des appuis en vivres et non vivres et soins de santé et mène des plaidoyers en faveur des détenus. Il assure aussi la transmission des informations à  la mission diplomatique et consulaire ou au gouvernement.

Journal du Mali