Coopération internationale : Depuis Lomé, le ministre Diop insiste sur le respect des choix du Mali

Le Mali sous l’ère des militaires semble être vent debout contre toute imposition d’idées, de politiques, de visions ou de stratégies qui n’arrangent plus les Maliens. Tant sur le plan militaire que dans d’autres domaines, la voie souverainiste et indépendantiste empruntée par la transition reste désormais farouchement opposée à « toute dictature » émanant des autres pays au détriment de l’intérêt supérieur de la nation. Lors de son séjour à Lomé, au Togo, le ministre Abdoulaye Diop l’a dit et soutenu devant les pays amis et partenaires du Mali.

Les amis et partenaires du Mali ne sont pas forcément les amis des Maliens, et les ennemis des autres pays ne sont pas forcément les ennemis du pays. Tout ce qui compte de nos jours est le respect de l’honneur et de la dignité des Maliens, a-t-on appris du brillant ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Avec le combat en cours, aucun sacrifice ne semble être de trop pour la défense de l’intérêt et de la dignité des citoyens lambda de l’intérieur et de la diaspora. Que cela plaise ou déplaise à des pays « aigrefins » déguisés en amis, la vision souverainiste et panafricaniste des plus hautes autorités maliennes est à prendre en compte par tous les partenaires, sans exception. Pour le chef de la diplomatie, le Mali est dans une logique de ne plus se laisser dominer et embobiner par un quelconque partenaire au détriment de l’intérêt des populations. « Je crois que nous n’allons pas encore ouvrir cette boîte permettant que chaque fois que quelqu’un vient dire ceci : il y a l’autre personne dans la pièce, si elle ne sort pas, moi je ne rentre pas. Le Mali est vraiment sorti de ce débat. Les pays qui ont essayé de mettre le chantage au Mali, je crois que nous voyons aujourd’hui quel est l’état de nos relations avec ces pays. Je crois que ce type d’approche ne marche pas désormais avec notre pays », a soutenu Abdoulaye Diop lors de son séjour dans la capitale togolaise. Ce combat libérateur du joug colonial se poursuivra et le Mali envisage de se faire entendre dans toutes ses relations avec les autres pays, y compris dans ses rapports avec des puissances manipulatrices des Etats africains. Les mots du ministre Diop le corroborent : «Le respect des choix politiques et des choix stratégiques du Mali est une condition essentielle. Nous n’accepterons aucun diktat de qui que ce soit pour nous dire avec quel partenaire nous pouvons traiter et quel partenaire nous ne pouvons pas traiter ». Ce choix est une décision qui appartient aux Maliens, en tant que souverains et indépendants pour la gestion de leur pays, a-t-il été catégorique sur la question. Différemment de ce qui se faisait depuis des années par les dirigeants du pays, le Mali ne se conforme plus à des impositions de ses partenaires. C’est plutôt eux qui, dans le respect mutuel, doivent revoir leur position. Maintenant, poursuit M. Diop, il appartient à chaque partenaire de décider si les choix du Mali lui permettent d’évoluer ou de ne pas évoluer avec le Mali. D’après lui, une chose se doit d’être retenue par tous : le Mali n’a jamais fermé ses portes à qui que ce soit. Il y a de la place pour tout le monde. « Les amis de nos partenaires ne sont pas nécessairement nos amis et les ennemis de nos partenaires ne sont pas nécessairement nos amis ou nos ennemis. Donc, si nous comprenons tous cela, je crois que nous pouvons tous travailler ensemble », argue le diplomate à ses partenaires internationaux réunis à Lomé, au Togo, pour la 3ème réunion du Groupe de soutien à la transition. D’un ton diplomatique souriant et serein, l’homme n’a cessé de dire que l’amitié entre le pays et les autres « doit être fondée sur le respect mutuel et une considération mutuelle ». Avec tous les aléas que cela pourra se solder, les plus hautes autorités disent, peut-on l’affirmer, « niet » au diktat étranger. Seront-elles en mesure de maintenir la dynamique jusqu’à la fin de la transition ? L’avenir nous le dira.

Mamadou Diarra

Source : LE PAYS