AMO : Les non assurés entre cherté et désespoir

Quoi que l’on dise, l’Assurance maladie obligatoire (AMO) est une initiative gouvernementale à féliciter. Elle garantit la prise en charge directe d’une partie des frais de santé de la personne inscrite à 70%. Elle a été sans doute un ouf de soulagement pour les bénéficiaires.

Son arrivée à un peu apaiser les difficultés des fonctionnaires sur le plan sanitaire, car elle leur a donné l’accès facile pour les soins médicaux. Mais, il est remarqué qu’être un non-inscrit à l’AMO est devenu de nos jours une peine dans les hôpitaux et les cliniques privées.
Il est important de rappeler qu’il y a 65% voire plus des Maliens qui ne sont pas inscrit à l’AMO. On constate que la situation et l’état actuels des centres de santé et des cliniques que les médicaments sont extrêmement chers voire inaccessibles sans AMO. C’est-à-dire sans AMO, il est impossible de payer certaines ordonnances prescrites par les médecins. Ce problème ou cette cherté est-il lié à l’AMO ? Selon les témoignages, il y a une distinction entre les malades qui sont inscrits à l’AMO et ceux qui ne le sont pas. Car une fois dans les hôpitaux pour des soins, la première chose qu’on vous demande est la carte de l’AMO. D’aucuns racontent qu’on se précipite pour voir si vous n’êtes pas inscrit à l’AMO pour mieux vous négliger. Pire, après la consultation une longue liste de médicaments est directement prescrite pour le patient. Pour un simple traitement de paludisme, souvent le prix de ces médicaments se trouve entre 30 000 et 40 000f pour une seule personne. Imaginons le sort d’un sans AMO qui a 3 trois malades chez lui. Angoissés, désespérés et incapables de payer son ordonnance, des patients quittent l’hôpital de façon pitoyable pour chercher une autre solution ailleurs.

Il est important de rappeler que les non-inscrits à l’AMO sont plus nombreux que ceux qui sont assurés. Il faut aussi rappeler que nous sommes dans un pays pauvre et l’accès à la santé est l’une priorité des priorités, et c’est un droit pour tous. De ce fait, il est important de porter une attention sur cette situation des sans AMO (ensemble des personnes qui ne sont pas dans l’AMO). Tous les Maliens ne sont pas à l’AMO. Les bénéficiaires de l’AMO représentent une minorité de la population. Les autorités sont appelées à prendre conscience de cela. Qu’elles mettent en place des dispositifs dans les centres de santé et dans les pharmacies pour que ceux qui n’ont pas eu la chance d’être à l’AMO puissent avoir les médicaments moins chers. Si rien fait, dans peu de temps les personnes non-inscrites à l’AMO ne pourront plus aller se soigner dans les hôpitaux. D’où la nécessité d’opérationnaliser le Ramu qui fera l’équilibre.
Kalilou Diabaté, stagiaire

Source: LA Lettre du Peuple