Prolapsus utérin : LE TRAITEMENT DEPEND DE L’ÂGE

L’utérus est maintenu en place par des muscles, ligaments et autres tissus pelviens. Un peu d’explications s’imposent pour mieux comprendre la structure de cet organe. Si l’utérus quitte sa position normale, on parle de prolapsus. Un prolapsus se définit comme la descente ou le glissement d’une partie du corps. Le Dr Djedi Kaba Diakité gynécologue obstétricien et spécialiste en microchirurgie des stérilités à la clinique Kabala, explique que le prolapsus utérin est appelé  hystéroptose , l’expression médicale consacrée.

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Il se produit lorsque les muscles pelviens et les tissus conjonctifs s’affaiblissent. L’utérus peut descendre jusqu’à tomber partiellement dans le vagin et créer ainsi une grosseur ou un renflement perceptible. Il s’agit alors d’un prolapsus incomplet. On parle de prolapsus complet lorsque l’utérus s’affaisse au point qu’une partie du tissu utérin se trouve hors du vagin.

Le vagin a trois compartiments, la face antérieure, la face intermédiaire et la face postérieure. C’est en fonction de ces positions qu’on essaye de faire une classification du prolapsus. Il y a des descentes qui font qu’il y ait le premier degré le deuxième, le troisième voire le quatrième.  Quand l’utérus descend, il dépasse les trois compartiments du vagin. « C’est en fonction de cette descente qu’on essaye de le classer à la place de l’hymen » explique le gynécologue.

Il indique que l’utérus est à l’intérieur, et qu’il ne doit pas sortir. Si c’est le cas ce problème est dû à des causes multiples. Le spécialiste a cité  l’accouchement multiple par voie basse, un manque d’œstrogène, une toux chronique. Les femmes qui sont généralement atteintes par cette maladie sont trop obèses ou pratiquent des sports intensifs ou  des travaux qui demandent beaucoup d’effort. La constipation chronique et les poussées associées peuvent aggraver le prolapsus.  L’âge, dit-il, est également un facteur déterminant. Avec le temps les ligaments se relâchent.

Les signes du prolapsus sont nombreux. Le spécialiste a cité chez les patientes des sensations de boule,   une envie fréquente d’uriner, des douleurs pendant les rapports sexuels (dyspareunies), des problèmes d’infection urinaire des saignements au niveau du vagin, des pertes liquidiennes et également une constipation permanente. Les symptômes peuvent être accentués par une station debout prolongée ou une longue marche, la gravité exerçant alors une pression plus forte sur les muscles pelviens.   Chez certaines, dit-il, le vagin sort complètement lorsqu’elles s’asseyent. Mais sur ce point, il indique que ces cas sont rares et que cela arrive uniquement aux femmes qui négligent leur santé.

En parlant du traitement, le Dr Diakité Djedy Kaba souligne qu’il se fait en plusieurs stades. C’est en fonction de ces stades que le traitement  peut être codifié. « La stadification à son sens dans le diagnostic parce qu’elle permet de situer le degré de prolapsus » a t-il précisé. Le prolapsus n’a pas de traitement particulier parce qu’il est toujours accompagné de quelque chose.  Quand l’utérus descend, il tire vers lui d’autres organes, comme la vessie qu’on appelle Cystocèle et  le rectum appelé rectocèle ou antorocèle.

Toutes ces descentes qui accompagnent le prolapsus  entraînent d’autres  complications. Vu le degré  de ces complications, le spécialiste préconise la stadification. Chez certaines femmes  une simple rééducation périnéale permet de corriger un début de prolapsus en essayant d’éliminer les causes. Comme interdire aux femmes de ne pas tousser, de ne pas fumer, ou d’arrêter certains efforts physiques. Le spécialiste témoigne que « 80% des femmes retrouvent leur état normal si elles sont au début de la maladie ».

Dans certains cas on pose le pessaire dans le vagin, qui peut être accompagné d’un traitement à base d’estrogène. Si tous ces traitements ne remédient pas à la maladie, Dr Diakité préconise de passer par la chirurgie. « L’hystérectomie (aplations totale de l’utérus) n’est pas un traitement du prolapsus » prévient-il. Le traitement de cette maladie dépend de l’âge de la patiente. Les traitements sont basés sur la fixation de l’utérus. Cette méthode appelée  hystéropexie   se fait par voie abdominale ou vaginale.

Chez les jeunes filles la méthode la plus utilisée est la promontofixation. Les patientes plus âgées subissent la sacro spinofixation ou méthode de Richter. Ces deux méthodes consistent à fixer les ligaments. Après l’opération il faut procéder à une  fixation du vagin relâché à la paroi abdominale  qu’on appelle colpopexie.

Le spécialiste souligne que cette maladie est à l’origine d’un certain disconfort dans le foyer. Elle crée une perte de confiance chez les femmes dans le cadre des relations intimes.

F. NAPHO

 

Maladies bactériennes et virales : LES PERSONNES ÂGEES VULNERABLES AUSSI 

Les aînés sont exposés à toutes ces maladies  que l’on retrouve chez les tout petits

Les progrès de la science et de la technique ont permis aux chercheurs de sonder parfois des mystères de la nature. Les résultats de leurs travaux permettent d’analyser des facteurs de risque de maladies, de diagnostic voire de prévenir certaines pathologies, notamment par la vaccination.

Ceux qui auront la chance de vivre longtemps, évolueront forcément le troisième âge, c’est-à-dire les 60 ans et plus. Mais ces personnes semblent être ignorées par des programmes d’envergure en matière de recherche. Pourtant, elles sont aussi vulnérables que les enfants et méritent une attention particulière.

Le Pr Samba Ousmane Sow, chercheur et directeur général du centre national d’appui à la lutte contre la maladie (CNAM) explique qu’on retrouve aussi chez les personnes âgées toutes les maladies bactériennes et virales qui touchent les tout petits.

Il est clair qu’en matière de prise en charge des personnes du troisième âge, nous ne boxons pas dans la même catégorie que les pays développés parce que ceux-ci disposent de véritables programmes de prévention des maladies chez les personnes âgées.

Mais il y a urgence et nécessité de mettre en œuvre des programmes de prévention de certaines pathologies chez les personnes âgées. A ce propos, le Pr Samba Ousmane Sow explique que les  pays développés ont des programmes de vaccination des personnes âgées contre par exemple la grippe, les infections à pneumocoque. Il a rappelé qu’il ne faut pas attendre que des problèmes de cancer, de glaucome ou d’adénome de la prostate surviennent chez les personnes âgées pour intervenir. Il y a nécessité d’organiser  périodiquement des programmes de diagnostic précoce de certaines maladies comme chez les femmes. Effectivement on organise périodiquement des campagnes de dépistage du cancer du col de l’utérus chez les femmes. Sur la question, les autorités doivent être interpellées dans notre pays. Elles ont aussi la responsabilité historique de réunir les conditions d’accès à des soins de qualité pour les 60 ans et plus. Il existe certes un centre d’études et de cherche en géronto-gériatrie ou Maison des aînés. L’insuffisance de ressources de ce centre (en termes de compétences et de finances) est criarde. Il semble se contenter des activités de consultations généralisées en faveur des aînés pendant le mois d’octobre consacré mois de solidarité et de lutte contre l’exclusion ou de consultations organisées dans le cadre de programmes humanitaires.

 

un programme de prévention des maladies. Une meilleure organisation des choses peut aider à engager la réflexion sur des préoccupations essentielles liées à la vieillesse et d’initier des protocoles de recherche pour une prise en compte des pathologies liées à l’âge et aux comportements des aînés. A cet effet, des protocoles spécifiques peuvent être exécutés dans le cadre d’une collaboration entre chercheurs des différentes institutions de recherche du pays. Ceci permettra d’améliorer la prise en charge des personnes.

Le Pr Samba Ousmane Sow rappelle l’importance de mettre un programme de prévention des maladies, par la vaccination, chez les aînés. Ils sont autant vulnérables que les enfants et les femmes enceintes.

Le chercheur insiste sur la nécessité d’avoir une volonté politique affichée en faveur des protocoles de recherche sur les personnes âgées. Mêmes si les voies du seigneur sont insondables, nous évoluons tous potentiellement vers le troisième âge. Il est important de baliser le terrain pour bénéficier des mêmes avantages demain.

Tous les observateurs partagent une évidence. Notre pays dispose, dans le domaine de la recherche, de compétences et de structures de recherche compétitives. Les spécialistes citent le Centre pour le développement des vaccins (CVD-Mali), la vitrine du CNAM et le Malaria research training and center (MRTC) du prestigieux parasitologue le Pr Ogobara Doumbo. Le laboratoire Sérefo (témoignage en langue bamanan), a en charge  la recherche sur la tuberculose et le Vih/sida. La notoriété de l’Institut national de recherche en santé publique (INRSP), aujourd’hui dirigé par le Pr Mamadou Souncalo Traoré, chercheur émérite en santé publique n’est pas usurpée. Les résultats probants des travaux de ces structures constituent aujourd’hui un motif de fierté national et participent de l’amélioration de la qualité des soins dans notre pays  soit à travers la vaccination, soit par des stratégies de prise en charge. Les résultats de leurs recherches permettent d’accompagner les programmes de lutte contre les maladies.

Le Pr Samba Ousmane Sow pointe du doigt une pratique qui a tendance à devenir culturelle dans notre pays. A un certain âge, les aînés refusent toute consultation préventive ou curative, arguant de façon ubuesque qu’ils ne vivront plus longtemps.

B. DOUMBIA

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