MINUSMA : Décriée, mais utile ?

Les retraits des forces de certains pays de la Minusma se font en cascade en fragilisant du coup cette mission de stabilité pour le Mali. C’est dans cette dynamique que le Colonel Assimi Goita a accordé une audience à M. Jean Pierre La Croix, Secrétaire Général Adjoint des Nations Unies, chargé des Opérations de maintien de la Paix le 6 décembre 2022.

Au cœur de nombreux remous, cette rencontre entre les deux personnalités a mis en avant le rôle de la mission onusienne au Mali et du même coup fait taire les rumeurs d’un quelconque départ du territoire malien. A sa sortie d’audience, M. Jean Pierre La Croix a indiqué qu’il est venu pour examiner où en sont les travaux en ce qui concerne la revue stratégique de la MINUSMA, comme cela avait été demandé par le Conseil de Sécurité. Cette visite de 48 heures a permis sans doute de discuter des problèmes cruciaux autour de la mise en œuvre du mandat de la MINUSMA. C’est pourquoi, selon lui, sa visite s’inscrit dans la suite logique de l’évaluation stratégique de la mission onusienne au Mali, telle que demandée par le Conseil de Sécurité.

De ce fait, les échanges permettront de porter un regard sur la manière dont les Nations Unies pourraient continuer d’apporter leur soutien aux efforts des Maliens dans le domaine de la transition politique, de la mise en œuvre de l’Accord de Paix et de Réconciliation, issu du processus d’Alger.

Selon la partie malienne, les questions sécuritaires ont également largement été discutées en raison de leur impact direct sur la vie des populations. Cette revue stratégique de la MINUSMA vient bien à point nommé dans la mesure où elle doit créer un lien indéfectible entre le mandat de la Mission décidé par le Conseil de Sécurité et les attentes légitimes des Maliens ainsi que des autorités de la Transition, surtout dans le domaine de la sécurité.

M. Jean Pierre La Croix a laissé entendre que les discussions étaient très importantes, car elles ont permis de recueillir les points de vue des plus hautes autorités de l’État, de manière, selon le diplomate onusien, à permettre la finalisation des Recommandations dans la cohérence et la transparence.

Cela est d’autant plus important que les rapports doivent refléter la réalité à laquelle le Mali fait face et, permettre en conséquence aux autorités maliennes de s’y reconnaître. Les recommandations formulées serviront selon le gouvernement malien à mettre en avant les priorités des populations maliennes. Dès lors, « il appartiendra aux États membres du Conseil de Sécurité de décider », a conclu M. Jean Pierre La Croix.

Sueur sous la pluie ?

Sur le terrain, la mission de l’ONU reste fortement engagée à travers de nombreuses actions. Entre financement des projets des femmes, de la reconstruction des infrastructures et la formation de certains agents des forces de l’ordre, elle se manifeste grandement dans le développement du centre et du nord du pays. Cependant, La MINUSMA continue de payer un lourd tribut suite aux différentes embuscades et aux EID des GAT. En effet, elle a une plus grande mobilité sur certaines parties du territoire qui fait qu’elle reste en étroite collaboration avec les différentes populations de ces localités. À la demande des autorités maliennes, le 3 décembre dernier, elle a facilité l’acheminement d’un fauteuil dentaire destiné à l’hôpital régional de Gao. « Nous tenons à remercier la MINUSMA pour son appui dans le transport de ce fauteuil qui va soulager les patients de l’hôpital de la région. Ce geste traduit la bonne collaboration entre nous et la mission » avait affirmé le Directeur régional adjoint de l’hôpital de Gao, Seydou Diakité.

Autre fait, une délégation du Bureau régional de la MINUSMA à Kidal s’était rendue du 7 au 11 novembre 2022 à Tessalit et à Aguelhok pour échanger avec les leaders communautaires, les acteurs de la société civile et les représentants des communautés sur les actions qu’elle mène en leur faveur et avec eux. En marge de ces réunions de concertation appelées Edawani (causerie en tamasheq), des projets d’appui à la restauration de l’autorité de l’Etat ont aussi été remis aux autorités locales.

Ahmadou Sékou Kanta

Source: L’Observatoire