Sahel : Emmanuel Macron officialise la fin de l’opération Barkhane

Le président français, Emmanuel Macron a annoncé la fin officielle de l’opération anti-jihadiste Barkhane, lancée en 2014 au Sahel lors d’un discours à Toulon, alors qu’il présentait la nouvelle Revue stratégique de la France. 

La stratégie française en Afrique sera “finalisée d’ici six mois », a déclaré Emmanuel Macron.  Le chef de l’État a annoncé la fin officielle de l’opération Barkhane, menée au Sahara depuis le 1er août 2014, en réponse à la menace terroriste.

« Nous n’avons pas vocation à rester indéfiniment sur les terrains d’opération« , a-t-il affirmé. « Nos interventions doivent être mieux bornées dans le temps », a ajouté Emmanuel Macron. « C’est pourquoi, j’ai pris la décision en coordination avec d’autres acteurs, de mettre fin à l’opération Barkhane ». Cette annonce intervient un peu moins de trois mois après le retrait des soldats français du Mali, mais est sans conséquence sur le dispositif militaire français dans la région.

Quelque 3.000 militaires français restent déployés au Niger, au Tchad et au Burkina Faso pour lutter contre les groupes jihadistes liés à Al Qaïda ou le groupe Etat islamique, qui étendent progressivement leurs activités vers les pays du golfe de Guinée. La force Barkhane a compté jusqu’à 5.500 militaires au plus fort de son déploiement dans le Sahel.

Elle a été poussée hors du Mali par les nouvelles autorités du pays au pouvoir depuis 2020, qui travaillent désormais avec le groupe paramilitaire russe Wagner. Le principe est « de réduire l’exposition et la visibilité de nos forces militaires en Afrique, de se concentrer sur la coopération et l’appui, principalement en termes d’équipement, de formation, de renseignement et de partenariat opérationnel lorsque les pays le souhaitent« , selon l’Elysée.

Dès l’annonce, en février du départ du Mali, la France avait annoncé sa volonté de lancer des discussions avec les Etats africains sur ce dossier. Même si elle n’entend pas abandonner la lutte anti-jihadiste, Paris doit composer avec une opinion publique africaine de plus en plus hostile et au sein de laquelle l’influence de puissances rivales, Moscou en tête, se renforce via réseaux sociaux et médias officiels.

A Toulon, le chef de l’Etat était accompagné du ministre des armées Sébastien Lecornu, ainsi que de la ministre de l’Europe et des affaires étrangères, Catherine Colonna.

 

Noël Ndong