Burkina Faso: sous fond de rivalité entre la Russie et la France

Les confusions et les tensions persistent au Burkina Faso au surlendemain d’un coup d’Etat qui a révélé des fractures au sein de l’armée. Les manifestants accusent la France de soutien aux dictatures et appellent la Russie à intervenir.

Les militaires ayant  annoncé un coup d’Etat , vendredi 30 septembre , accusent l’ancien chef de la junte, le colonel Damiba, de tenter de reprendre le pouvoir avec l’aide de la France.

En effet, les putschistes ont affirmé samedi que l’ancien chef de la junte s’était réfugié sur la base de Kamboinsin, où des militaires français forment l’armée burniabé, et d’y préparer une « contre-offensive ». Des allégations que démentent les officiels français qui déclarent que le camp des forces françaises n’a jamais accueilli Paul-Henri Sandaogo Damiba.

Enragés, des centaines de manifestants se sont pris au bâtiment abritant l’ambassade de France à Ouagadougou, au Burkina Faso, en ces deux derniers jours,  afin d’exprimer leur exaspération.

Quelques dizaines de manifestants, soutenant les militaires auteurs du coup d’Etat, ont mis le feu, ce dimanche 2 octobre, à des barrières et jeté des pierres contre le bâtiment. Des grenades de gaz lacrymogène ont été tirées pour les disperser, selon un journaliste sur place.

Sachant qu’un autre feu avait été allumé, samedi 1 octobre,  devant l’Institut français à Bobo-Dioulasso, la deuxième ville du pays. Des violences que le  ministère français des Affaires étrangères condamne fermement. Le  diplomate appelle également  les Français à « rester chez eux jusqu’à nouvel ordre ».

il convient de signaler que des drapeaux de la Russie ont été brandis, vendredi et samedi, par certains des manifestants appelant au départ du colonel Damiba, critiqué pour son impuissance à mettre fin aux attaques jihadistes au Sahel. Sans citer la Russie, les putschistes ont affirmé samedi leur volonté « d’aller vers d’autres partenaires » que la France pour lutter contre le terrorisme. Un discours rappelant celui de la junte militaire du Mali voisin, qui a fait appel aux mercenaires du groupe russe Wagner et a poussé l’armée française au départ.

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