Au Mali, l’appel aux Touaregs de battre le terrorisme fait réagir

Le général Gamou estime que face aux attaques de l’Etat Islamique, seule une mobilisation de grande ampleur pourrait arrêter ce cycle de violences

La situation demeure préoccupante dans la région de Ménaka où les combats se poursuivent entre l’EIGS et les mouvements armés, notamment le groupe armé progouvernemental Gatia et le MSA, le Mouvement pour le salut de l’Azawad.

Les tensions se remarquent aussi de plus en plus entre l’EIGS et le JNIM, le groupe de soutien à l’islam et aux musulmans de Iyad Ag Ghali. Ce qui provoque des déplacements en masse des populations.

L’appel du général divise l’opinion

Housseini Ag Yehia, un ressortissant de la région de Ménaka, pense qu’il sera difficile d’appliquer le plan du général Gamou pour contrer les offensives de l’Etat islamique au grand Sahara (EIGS).

Pour lui, « la situation sécuritaire doit être gérée d’abord par l’armée malienne. Il serait donc difficilement envisageable de parler d’une prise des armes par les jeunes de façon globale et par les jeunes issus d’une communauté de façon particulière. Que l’armée malienne s’intéresse à cette situation, parte récupérer les zones perdues et qu’elle assoie l’autorité de l’Etat. Parce que les succès militaires doivent s’accompagner par le rétablissement progressif de l’administration malienne ».

Ibrahim Maiga de la région de  Gao pense lui, que l’initiative du général Gamou est salutaire. Mais celui-ci estime que son appel à la mobilisation ne devrait pas concerner que les Touaregs

« Le général Gamou a fait un appel spécifique à tous les Touaregs, moi je ne suis certes pas Touareg, mais je me sens concerné. Parce qu’en tant que patriote, en tant que fervent défenseur de la patrie, je me dois quand même de m’aligner derrière l’initiative de Gamou qui pourrait inclure toutes les communautés. S’il n’arrive pas à faire cela, moi j’invite toutes les autres communautés à le rejoindre »

La défenseuse des droits humains et bloggeuse Fatouma Harber, connu sous le nom de Tinbutu Woye sur les réseaux sociaux, elle, est critique envers l’appel du général malien :

« Je ne trouve pas cet appel la bienvenue. Je pense que les Touaregs comme les autres peuples ont droit à la paix. Je ne pense pas non plus que ce soit au peuple touareg ou à l’ethnie touarègue de faire cette guerre contre l’EIGS. Nous avons beaucoup de respect pour le General Gamou, mais son appel n’est pas le bienvenu car il expose son peuple, il expose le peuple touareg. Les Touaregs ont aussi droit à la tranquillité, à la paix », estime Fatouma Harber

L’EIGS enchaîne depuis mars dernier des attaques dans les régions de Gao et de Ménaka contre les groupes armés et les populations civiles. Toute chose qui menacerait l’intégrité territoriale de cette partie du nord du Mali.


Les attaques de l’Etat Islamique au Mali ont non seulement visé les civils, mais aussi les installations de l’Onu.

Par ailleurs, les syndicats de la région de Gao ont appelé à un arrêt de travail de 48 heures mardi et mercredi pour protester contre la dégradation de la situation sécuritaire et « l’inaction du gouvernement ».

Une grève suivie dans la ville de Gao, où l’administration, la gare routière ainsi que les marchés

Source: DW