Décès de Hadja Mah Kouyaté N°2 : Une distinction honorifique à titre posthume pour saluer la mémoire de l’artiste

Décédée le lundi 7 novembre 2022 à Bamako, au Mali, Mah Kouyaté N°2 a reçu une distinction honorifique à titre posthume. C’était ce dimanche 13 novembre 2022 à Bobo-Dioulasso, au cours de la cérémonie de doua du 7e jour. Elle a été faite, à titre posthume, chevalier de l’Ordre du mérite des Arts, des Lettres et de la Communication.

Cela fait sept jours, jour pour jour, que Mah Kouyaté N°2 a été arrachée à l’affection des siens. Elle a répondu à « l’appel de Dieu » le lundi 7 novembre dernier, à l’âge de 46 ans, en terre malienne. Elle a été conduite à sa dernière demeure le mardi 8 mardi novembre, par une foule d’amis, de parents et de proches collaborateurs. Ainsi, c’est avec douleur et consternation que le monde de la culture a accueilli cette « triste nouvelle ». Une semaine après sa disparition, la famille, les amis et les collaborateurs de la défunte sont toujours inconsolables. C’est du moins ce qui a été donné de constater ce dimanche 13 novembre 2022 au cours de la cérémonie de doua du 7e jour qui a eu lieu à Bobo-Dioulasso, au domicile de son époux Aly Konaté, président de l’Union nationale des dozo du Burkina.

Les autorités présentes à la cérémonie de doua de Mah Kouyaté N°2.

Au cours de cette cérémonie de prière pour le repos de l’âme de la défunte, des bénédictions ont été dites à l’endroit de Mah Kouyaté. La cérémonie a été aussi un moment de témoignage et d’hommage à l’artiste. Ce, en présence des autorités politiques, coutumières et religieuses et des acteurs culturels. De la délégation malienne aux religieux, en passant par la délégation ivoirienne, la délégation consulaire des Hauts-Bassins et les acteurs du monde de la culture, tous ont salué la mémoire « d’une grande dame ». Le brillant parcours de l’artiste a ainsi donc motivé les autorités du pays à lui décerner une distinction honorifique à titre posthume.

« Cette distinction par les plus hautes autorités du pays se justifie par les nombreux actes qu’elle a eu à faire sur le plan artistique. C’est depuis l’âge de 9 ans qu’elle a commencé à chanter. Elle a pu mettre en œuvre une trentaine d’albums qui ont véritablement eu du succès. Donc, c’est eu égard de tout cela que les autorités ont jugé nécessaire qu’elle soit décorée à titre posthume », a expliqué Siaka Sanou, le directeur régional de la culture, des arts et du tourisme des Hauts-Bassins. En ces moments douloureux, il a saisi cette occasion pour traduire la compassion du gouvernement et des acteurs culturels à la famille éplorée.

Originaire de la Guinée Conakry, Mah Kouyaté est née en 1976 et elle a débuté la musique auprès de ses parents qui étaient également artistes, à l’âge de 9 ans. Son premier album a vu le jour en 1996. C’est entre 2001 et 2005 qu’elle a connu le plus grand succès à travers l’histoire du Mali. Elle prônait dans ses chansons l’entente, la fraternité, la paix et prodiguait des conseils. Griotte mandingue, cette figure emblématique de la musique malienne était l’épouse du président de l’Union nationale des dozo du Burkina, Aly Konaté. Mariée et mère de quatre enfants, cela fait plus de 18 ans qu’elle s’est installée au Burkina Faso.

Pour Djémory Kouyaté dit Boua, le grand frère de la défunte, le départ de Mah Kouyaté est une grande perte pour les griots et la culture malienne et burkinabè, voire la culture africaine. Il a salué ainsi tous ceux qui ont effectué le déplacement pour assister à cette cérémonie de doua de sa sœur. « Du Mali au Burkina en passant par le Sénégal et la Guinée Conakry, je salue tout le monde. Mah était une femme extraordinaire, très humble, courageuse, une bonne mère et une bonne sœur. Nous prions pour elle. Humble, gentille et courtoise, Mah Kouyaté N°2 l’a été durant toute la vie », a-t-il témoigné.

Tous étaient unanimes que Mah Kouyaté N°2 était une grande voix, qu’elle a apporté une contribution immense à la promotion de la culture malienne et burkinabè à travers la musique mandingue. Ils ont tous prié également pour le repos de son âme et pour que ses œuvres puissent servir d’exemples aux générations montantes. Sa famille et celle de son époux l’ont fait savoir lors des témoignages. Ses collaborateurs n’ont pas tari d’éloge à son égard. Pour les griots, l’artiste était une « très grande griotte de valeur et de classe », car a su faire la promotion du « griotisme » durant sa vie.

Romuald Dofini
Lefaso.net