Insécurité au nord du Mali: la mobilisation contre DAESH

Contre l’avancée du DAESH, devenu la grande menace de la sécurité dans le nord de notre pays, la Plateforme des mouvements du 14 juin 2014 d’Alger, à la suite de la CMA, vient aussi signer ce samedi 1er octobre une décision de mobilisation de ses troupes.

 

« Le monstre, DASEH aujourd’hui on a tellement laissé grossir, occuper de l’espace, devenir très fort qu’il devient de plus en plus inarrêtable. La seule manière de l’arrêter aujourd’hui, c’est que tous ces acteurs, sans exception, cette distinction, conjuguent leurs efforts pour éventuellement lutter contre ce monstre », alertait, il y a deux semaines, Moussa Ag ACHARATOUMANE, l’un des responsables de la CMA.
Depuis, ce groupe terroriste continue avec une forte progression de semer l’horreur, la terreur en massacrant les civils sur son passage. A part quelques zones, DAESH contrôle presque tous les gros villages et villes isolées du nord. Plus de 1000 civils ont été tués entre mai et septembre, malgré la montée en puissance des Forces armées maliennes qui, dit-il, est dans une posture offensive.
Triste réalité décrit également dans le communiqué Alhadji GAMOU, président Conseil Supérieur des Imgads et Alliés signé ce samedi 1er octobre et bien avant dans un message vocal, il a appelé des membres de sa communauté et alliés se rejoindre les grandes villes pour se mettre à l’abri des hordes du DAESH.
« Le Conseil Supérieur des Imgads et Alliés a le regret d’informer l’opinion publique nationale et internationale que les massacres massifs et les spoliations systématiques des troupeaux et de tous les biens des populations par les hordes criminelles de DAESH ont créé et continuent de créer une situation de précarité généralisée des populations des régions de Gao, de Kidal et de Menaka », s’est-il désigné Alhadji GAMOU.
Pour lui, de nombreuses familles ont quitté leurs zones et villages pour se réfugier dans et aux alentours des villes d’Ansongo, de Gao, de Kidal et de Ménaka. Des déplacements massifs sont observés au Niger, en Algérie et même en Libye, a-t-il ajouté.

« Le Conseil Supérieur des Imgad et Alliés invite les autorités, les bonnes volontés et l’ensemble de la communauté internationale à venir en aide à ses populations meurtries pour d’abord aider à les mettre en sécurité, et ensuite assurer la satisfaction de leurs besoins essentiels », sollicite-t-il du soutien en faveur de ces personnes.
Face à la situation, la Plateforme des mouvements du 14 juin 2014 d’Alger, pour la sécurisation de la population et de leurs biens, a sonné ce 1er octobre la mobilisation de ses combattants.
Ainsi, le président de la Plateforme des mouvements du 14 juin 2014 d’Alger, Fahad Ag ALMAHMOUD dans son message d’appel à la mobilisation décide de : la mobilisation générale des troupes combattantes ; du regroupement de tous les combattants dans les sites qui leur seront indiqués par les coordinateurs militaires.
Il s’agit aussi de la poursuite des opérations de lutte antiterroristes ainsi que la lutte contre toutes les formes de connexions avec eux ; de la poursuite des opérations de sécurisation des personnes et des biens en les relocalisant sur des sites sécurisés ; de la consolidation de la dynamique de collaboration avec les FAMa et la CMA.
« En outre, les combattants déployés dans le cadre de l’assistance aux déplacés doivent achever ces opérations et rejoindre leurs postes au plus tard le 15 octobre 2022 », a exigé le président de la Plateforme.
Auparavant, sentant la même menace, la CMA a lancé l’opération « TARTIT » ou « FUSION » en vue d’instaurer l’ordre et la discipline dans ses rangs pour soigner son image, assurer la sécurité des populations déplacées et la libre circulation des personnes ainsi que de leurs biens et d’arrêter les personnes recherchées.
La CMA, via sa décision, veut contrôler tous les mouvements. A cet effet, elle a décrété plusieurs mesures, à travers l’opération TARTIT, à savoir : conditionner la circulation des armes de la CMA à un ordre de mission dûment signé par une autorité compétente en cours de validité et dans l’espace géographique pour lequel il a été délivré ; confier au chef de l’opération d’organiser et de procéder à des fouilles systématiques des véhicules, motos et des perquisitions ; d’instaurer un couvre-feu de 21 à 5 heures du matin, de saisir et de détruire les drogues ainsi que les boissons alcoolisées.

PAR SIKOU BAH

Source : Info-Matin