La session budgétaire du CNT s’ouvre aujourd’hui : Sur fond de tendance haussière du déficit budgétaire

Après trois mois d’intersession, les membres du Conseil National de Transition, organe législatif de la transition, seront de retour à l’hémicycle aujourd’hui lundi 3 octobre 2022. Placée sous la présidence du patron des lieux, Col Malick Diaw, la cérémonie d’ouverture officielle est prévue à partir de 16 heures au Centre International de Conférence de Bamako, quartier général occasionnel du CNT. L’événement devrait également enregistrer la participation d’une délégation du Conseil National de la Transition de Guinée conduite par son Président, l’Honorable Dansa Kourouma.

 

Au cours de cette session – qui va démarrer aujourd’hui lundi – et qui ne peut excéder 75 jours comme le stipule la constitution, les membres du Conseil National de Transition examineront plusieurs projets de textes liés à la vie de la nation. Toutefois, leurs travaux seront essentiellement consacrés à la loi de finances 2022-2023.

Adopté au Conseil des ministres en date du 21 septembre 2022, les prévisions de recettes budgétaires pour l’exercice 2023 s’élèvent à 2 199, 908 milliards de francs CFA contre 1 982,440 milliards de francs CFA dans la loi de finances rectifiée de l’exercice en cours. Avec une augmentation de 217,467 milliards de francs CFA, elles affichent une hausse de 10,97%. Idem pour les prévisions de dépenses pour le compte du même exercice. Celles-ci s’élèvent à 2 895,903 milliards de francs CFA contre 2 647,028 milliards de francs CFA dans la loi de finances rectifiée de 2022, soit une hausse de 248,874 milliards de francs CFA et une progression de 9,40%. Le Budget 2023 présente par conséquent un déficit en forte hausse, soit 695,995 milliards de FCFA contre 664,588 milliards de FCFA dans la loi de finances rectifiée de 2022, soit une augmentation de 4,73%. Avec la crise qui bat son plein sous diverses formes, l’assèchement des ressources et la nature de nos relations avec les sources budgétaires alternatives, les observateurs s’interrogent logiquement sur les voies et moyens par lesquels un déficit aussi abyssal sera comblé. Faute de quoi, il n’est pas exclu que même après sa validation par le CNT, la loi de finances 2023 pourrait revenir plusieurs fois aux législateurs pour des modifications en cours d’exercice.

Il convient de mentionner au passage que depuis 2018 notre pays a basculé suite à une réforme budgétaire en «mode programmes» et que la loi de finances 2023 sera le 6ème budget avec cette nouvelle présentation.

 

Amidou Keita

Source : Le Témoin