Libération des 46 «mercenaires» ivoiriens: pas de compromis, mais en bonne voie

La délégation de haut niveau dépêchée par la CEDEAO pour la libération des « mercenaires » ivoiriens arrêtés a été reçue ce jeudi 29 septembre par le président de la transition. Selon Assimi GOITA, en accueillant la mission, le Mali prouve qu’il reste ouvert au dialogue dans cette affaire. Si la libération de ces ‘’mercenaires’’ n’a été pas approuvée à l’issue de cette mission, toutefois, selon des sources, le processus est en bonne voie.

 

« J’ai accueilli les Présidents Nana Akufo-Addo du Ghana et Adama Barrow, de la Gambie pour des échanges francs et sincères sur des questions d’intérêts régionaux. Attaché à sa souveraineté, le Mali reste ouvert au dialogue » a posté le président Assimi GOITA sur son compte Twitter. Sur les trois chefs d’État annoncés, deux ont pu effectuer le déplacement de Bamako.
L’objectif de cette délégation de Haut niveau de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans notre capital était de contribuer au dénouement de la crise entre le Mali et la Côte d’Ivoire en obtenant la libération des 46 « mercenaires ivoiriens » détenus à Bamako depuis le 10 juillet. L’affaire s’est judiciarisée le 15 août avec l’inculpation des soldats ivoiriens pour « tentative d’atteinte à la sûreté de l’État ».
Après avoir été accueilli par le président de la Transition et conduit à Koulouba où la mission de la CEDEAO et les autorités maliennes ont tenu une réunion à huis clos deux heures durant. Au moment où nous mettions sous presse, aucune information n’a infiltré de cette rencontre et aucun membre de la délégation ne fait une quelconque déclaration sur les conclusions des échanges avec les autorités maliennes. Ils sont retournés comme ils sont arrivés.
Par ailleurs, l’on prend d’autres sources qu’aucun compromis n’a pu être arraché par les émissaires de la CEDEAO. Mais la démarche est saluée par les autorités maliennes qui affirment que les négociations sont en bonne voie.
Pourquoi Faure Gnassingbe était absent ?
Le président du Togo sollicité par le Mali pour mener la médiation s’est fait représenter par son ministre des Affaires étrangères qui conduit d’ailleurs les négociations sous son leadership. Son absence a été diversement commentée.
Mais plusieurs sources évoquent des raisons d’agenda. En effet, le président togolais était en voyage d’État au Japon. Des informations corroborées par le communiqué de la présidence du Togo publiée ce jeudi. Dans ce document, la présidence informe que Faure Gnassingbe, qui était au Japon, a chevé une visite officielle ce 28 septembre.
Indépendamment de cette mission, les autorités ivoiriennes tentent également du côté des personnalités influentes du Mali afin d’obtenir la libération des« 46 mercenaires ivoiriens ». C’est dans ce cadre qu’une délégation, avec à sa tête Aly COULIBALY, conseiller spécial du président Ouattara, a été reçue par le Chérif de Nioro, l’un des soutiens importants de la Transition.
Les opposants ivoiriens attendent d’être sollicités
Si l’affaire traine, l’ancien président Laurent GBAGBO, lors d’une rencontre à Mama, son village natal, tenue il y a quelques jours, propose ses services pour la libération des « 46 mercenaires ».
Il a soutenu à avoir des relations qui peuvent intercéder auprès des autorités maliennes. Selon lui, le président ADO doit aussi tenter de profiter de leur relation dans la libération des « mercenaires » ivoiriens.
Hier jeudi, alors que la délégation du haut niveau était à Bamako, l’autre opposant ivoirien en exil à Paris, Guillaume SORO, a aussi partagé l’avis de Laurent GBAGBO.
«Il faudra bien que le gouvernement ivoirien se donne les moyens politiques pour ramener nos 46 soldats en famille. L’ancien Président Laurent Gbagbo avait pourtant proposé ses services, pourquoi donc s’en priver ? », a écrit Twitter Guillaume Soro sur Twitter.
Les positions se sont durcies dans cette affaire, malgré la libération de 3 soldates « mercenaires » par le Mali, dit-on à titre humanitaire, suite à la contrepartie demandée par les autorités de la Transition jugée inacceptable par Abidjan.
En effet, lors d’un entretien avec une mission de la délégation nigériane, le président de la Transition et ses hôtes ont évoqué ce dossier sensible. Dans le compte rendu de cette audience publié sur la page de la présidence la République du Mali, le président GOÏTA fait comprendre à la délégation nigériane qu’au même moment où la Côte d’Ivoire demande la libération de ses « soldats », continue de servir d’asile politique pour certaines personnalités maliennes faisant l’objet de mandats d’arrêt internationaux émis par la justice.
Malheureusement, selon le Président de la Transition ces mêmes personnalités bénéficient de la protection de la Côte d’Ivoire pour déstabiliser le Mali. D’où la nécessité d’une solution durable à l’opposé d’une solution à sens unique qui consisterait à accéder à la demande ivoirienne sans contrepartie pour le Mali.
En demandant une contrepartie avant la libération des « 46 mercenaires », la Côte d’Ivoire accuse le Mali prise d’otage de ses soldats pour autant arrêtés pour s’est introduit illégalement sur un territoire national.
«C’est une prise d’otage qui ne restera pas sans conséquence. Notre position est claire : ce marché est inacceptable », a affirmé dimanche une source proche de la présidence ivoirienne citée par AFP.

PAR SIKOU BAH

Source : Info-Matin